J’ai regardé un film entier dans un casque VR, et je ne sais toujours pas quoi en penser

Il y a deux semaines, un soir où les enfants étaient couchés et où je n’avais aucune envie de m’asseoir devant la télé du salon, j’ai branché mon casque et lancé un film dans une salle de cinéma virtuelle. Pas un jeu, pas une démo de montagnes russes. Un vrai long métrage, deux heures, assis sur mon canapé avec un masque sur le nez. Je voulais voir si ça tenait la route ou si c’était un gadget de plus.

Le principe est simple. Au lieu de regarder ton écran, tu te retrouves dans une salle reconstituée en 3D : un grand écran devant toi, des rangées de fauteuils, parfois une fenêtre qui donne sur l’espace ou sur une plage. Tu choisis ta place, tu te cales, et le film démarre. Des applis comme Bigscreen ou les salles intégrées dans le Meta Quest font ça depuis quelques années, et la qualité a vraiment progressé.

L’effet « grand écran » dans un casque à 400 euros

Ce qui m’a surpris en premier, c’est la taille perçue de l’écran. Dans la salle virtuelle, l’image fait l’équivalent d’un écran de dix mètres. Mon téléviseur du salon fait 55 pouces, autant dire un timbre-poste à côté. Pour un film à gros spectacle, un Dune ou un Blade Runner 2049, l’immersion est là. Tu lèves la tête, l’écran te domine. Tu regardes à côté, il y a la pénombre de la salle. Le cerveau marche, en tout cas le mien a marché.

La contrepartie arrive vite. La résolution des casques grand public reste en deçà d’une vraie projection 4K. Sur les plans très détaillés, on devine la trame de pixels, surtout dans les zones sombres. Pour un film bavard tourné en intérieur, ça passe sans souci. Pour un blockbuster qui mise tout sur le grain et la finesse de l’image, on sent la limite.

Le confort, le vrai sujet

Deux heures avec un casque sur la tête, ce n’est pas anodin. Le poids se fait sentir après une heure, et j’ai dû réajuster les sangles deux fois. Les porteurs de lunettes, dont je fais partie, galèrent un peu plus. Et puis il y a la question bête mais réelle : on ne peut pas attraper son verre ou son paquet de chips sans tâtonner à l’aveugle.

Là où la VR pour le cinéma à domicile rejoint un usage plus large, c’est qu’elle s’appuie sur les mêmes briques techniques que tout l’écosystème immersif professionnel. Les studios qui produisent des expériences 360, les sociétés de formation en simulation, ou les agences spécialisées qui conçoivent des visites immersives pour des entreprises, comme http://agence-realite-virtuelle.net, travaillent avec les mêmes casques, les mêmes moteurs de rendu et les mêmes contraintes de confort. Le matériel que j’ai sur le nez pour regarder un film le dimanche soir est le cousin direct de celui qu’un industriel utilise pour former ses techniciens sans risque. C’est ce qui tire les prix vers le bas et améliore le confort année après année : le marché du loisir profite des investissements du marché pro, et inversement.

Le cinéma pensé pour la VR, c’est autre chose

Regarder un film classique dans une salle virtuelle, c’est détourner un format pensé pour un écran plat. L’expérience devient bien plus intéressante quand le contenu est conçu pour la VR dès le départ. Des courts métrages immersifs comme ceux primés à Venise ou à Cannes XR te placent au milieu de la scène. Tu n’es plus spectateur derrière une vitre, tu es dans la pièce avec les personnages. Tu tournes la tête, l’action continue dans ton dos.

C’est troublant la première fois. On ne sait pas où regarder, on a peur de rater quelque chose. Et puis on lâche prise, on accepte de vivre la scène plutôt que de la suivre. C’est là, je trouve, que la VR raconte vraiment quelque chose que le cinéma traditionnel ne peut pas faire. Le reste, regarder un Marvel sur grand écran virtuel, reste un bon gadget, agréable mais dispensable.

Alors, j’y reviens ou pas ?

Honnêtement, oui, mais pas pour remplacer ma télé. Pour un soir où je veux m’isoler complètement, casque vissé, sans le bruit de la maison, ça fonctionne. Pour les soirées film en famille, ça n’a aucun sens : la VR est par nature solitaire, chacun dans sa bulle.

Mon pari, c’est que d’ici deux ou trois ans, les casques seront assez légers et assez fins pour qu’on oublie qu’on les porte. Le jour où je pourrai mettre l’équivalent d’une paire de lunettes et me retrouver dans une salle obscure géante, là, je crois que je regarderai mes films autrement. En attendant, je garde ça pour les occasions, et je laisse le grand écran du salon aux séances avec les enfants.