






Le nouveau documentaire Bébé Biche est un regard fascinant sur une affaire de true crime qui, au final, soulève plus de questions qu’elle ne peut répondre – ce qui est précisément le but. C’est l’une de ces rares histoires où votre allégeance change constamment. On se surprend à vouloir comprendre la figure centrale remarquablement attachante du film, Gail Ritchey, sans jamais pouvoir échapper au fait qu’elle a peut-être tué son nouveau-né. Puis vient une autre révélation qui change complètement ce que tu ressens pour elle.
Bébé Biche raconte l’histoire vraie de Ritchey, une femme de l’Ohio dont la vie est bouleversée lorsque les avancées technologiques de l’ADN la relient à l’affaire non résolue vieille de plusieurs décennies de « Geauga’s Child », un nourrisson retrouvé mort dans les bois en 1993. Ritchey insiste sur le fait que le bébé est mort-né et qu’elle était dans un état de déni de grossesse, mais elle se retrouve bientôt face à une accusation de meurtre des décennies plus tard. Au fil du documentaire, il explore les pressions psychologiques, religieuses et sociales entourant l’affaire, nous invitant à réfléchir à la manière dont la honte, la répression et la culture des années 1980 ont pu influencer les choix inimaginables de Ritchey.
La répression sexuelle et la honte religieuse planent sur presque tous les aspects de l’histoire, rendant étonnamment facile de comprendre comment quelqu’un peut se retrouver dans une situation impossible, même si on ne peut pas totalement excuser ce qui a pu se passer. C’est ce qui rend le documentaire si captivant. Il ne te demande jamais de pardonner à Ritchey, mais il te demande continuellement de la comprendre.
La réalisatrice Jessica Earnshaw maintient la réalisation d’une simplicité rafraîchissante. Aucune reconstitution tape-à-l’œil ni touche stylistique ne rivalise pour attirer votre attention. Au lieu de cela, le film s’appuie sur des interviews d’avocats, de membres de la famille et d’amis, accompagnant Ritchey tout au long du processus judiciaire, permettant au public de se confronter seul aux faits. Même si je ne pense pas forcément que ce documentaire exige une expérience cinéma, il devrait trouver un public très réceptif une fois qu’il sera disponible sur une plateforme de streaming comme Hulu ou Netflix.
J’ai quitté le film un peu le cœur brisé, mais surtout incertain de ce que je ressentais exactement. C’est un endroit fascinant après avoir regardé un documentaire. Earnshaw ne nous dit jamais quoi penser ni quel camp mérite notre sympathie. Elle présente simplement les personnes, les preuves et les circonstances, faisant confiance au public pour tirer ses propres conclusions. Bébé Biche Ce n’est peut-être pas un de ces documentaires qui vous laissent bouche bée d’incrédulité. Cela dit, cela vous fera remettre en question, réfléchir et lutter avec des émotions difficiles bien après la fin, et c’est exactement ce que devraient faire les bons documentaires.
