






La France reste un pôle mondial de l’audiovisuel, avec Cannes comme vitrine et le CNC en tête pour les données et les politiques publiques. En 2025, la fréquentation des salles a fluctué. Juillet a enregistré 14,8 millions d’entrées, tandis qu’août est tombé à 9,97 millions (-29,4 % sur le mois), dans un mouvement de normalisation après le pic de 2024, où juillet a été le meilleur depuis 2011.
Ces chiffres comptent parce qu’ils révèlent un public large mais sensible au calendrier et à l’offre, soit précisément le type de base sur lequel de nouvelles formes de financement et d’engagement, comme la blockchain et la crypto, peuvent s’appuyer.
Parallèlement, en France le débat sur le Web3 et la culture a pris de l’ampleur. En 2022, la ville de Cannes a mis aux enchères des actifs numériques (NFT) liés à des lieux emblématiques, levant près de 330 000 €, signe que le dialogue entre cinéma et actifs numériques s’installe à l’agenda des institutions culturelles.
Ces dernières années, des projets à travers le monde ont testé des jetons et des NFT pour financer des productions, créer des couches d’accès aux contenus et distribuer des revenus automatiquement via des contrats intelligents. Le cas du long métrage Zero Contact, avec Anthony Hopkins, illustre cette logique.
La distribution sous forme de NFT a ouvert une voie directe vers les fans et généré des revenus additionnels grâce à des objets numériques en édition limitée, vendus pour des dizaines de milliers de dollars en équivalent ETH.
Pour le cinéma français, le message n’est pas de copier un modèle, mais d’explorer des mécanismes de prévente, d’engagement et de répartition programmée des recettes plus transparente.
En France, l’articulation institutionnelle exige de l’attention. Quiconque souhaite lever des fonds ou payer en crypto doit passer par des prestataires relevant du régime des PSAN (Prestataires de services sur actifs numériques) de l’AMF.
L’enregistrement est obligatoire pour des services tels que la conservation de crypto-actifs (garder et opérer des clés privées), l’achat/vente d’actifs numériques contre monnaie fiduciaire, l’échange crypto-crypto et l’exploitation de plateformes, nœud central de tout flux financier impliquant des investisseurs et des sociétés de production locales.
C’est à ce stade que l’investisseur particulier apparaît plus nettement. Ceux qui détiennent déjà des crypto dans un portefeuille Ethereum peuvent, en théorie, allouer une partie de leur patrimoine en Ether à des structures ou entreprises qui acceptent ce type d’apport.
À condition de recourir à des prestataires enregistrés auprès de l’AMF (PSAN) et de structurer l’offre sur des bases juridiques et comptables conformes au droit français et européen. L’objectif est de réduire le risque opérationnel et de conformité en bout de chaîne, sans transformer la levée de fonds en zone grise.
Sous le capot, la promesse technique est concrète : des contrats auto-exécutoires enregistrent des pourcentages de participation et distribuent automatiquement les recettes lorsque des événements déclencheurs de paiement surviennent (p. ex. : recettes de billetterie, VOD, TV, festivals).
Pour l’écosystème français, où les contentieux sur les rémunérations résiduelles et les chaînes de paiement sont fréquents, cela peut signifier moins de frictions et plus de prévisibilité, à condition que les parties acceptent d’opérer sur une infrastructure auditable et que le partenaire technique soit dûment autorisé.
Le cadre réglementaire local s’enracine dans la loi PACTE et du régime PSAN. À l’échelle européenne, la mise en œuvre de MiCA a relevé le niveau d’exigence et rouvert des débats sur la supervision. En septembre 2025, la France, aux côtés de l’Italie et de l’Autriche, a défendu l’idée de confier la surveillance des plus grands groupes crypto à l’ESMA.
Et a même menacé de contester le passeport de licences délivrées par des juridictions jugées indulgentes, en invoquant des risques pour les investisseurs et le marché. Pour les producteurs et investisseurs français, cela implique une vigilance accrue. Des plateformes européennes peuvent rencontrer des limites temporaires d’activité en France le temps que la convergence réglementaire arrive à maturité.
Dans la pratique, le parcours de conformité pour un projet audiovisuel impliquant des actifs numériques en France implique :
Tous ces choix ont un impact sur le budget, le calendrier et le risque.
Un autre vecteur prometteur se situe au niveau de la billetterie. Le débat sur les billets numériques fondés sur la blockchain a gagné de l’élan en France après des épisodes de fraude lors de grands événements sportifs.
Les autorités évoquant l’usage de NFT et de portefeuilles numériques pour des compétitions comme la Coupe du monde de rugby 2023 et les Jeux de Paris 2024. L’argument est simple, tracer la propriété, éviter les duplications, encadrer la revente et, si souhaité, verser des royalties sur le marché secondaire.
Bien que l’adoption de masse dépende encore d’une UX fluide et d’avantages concrets pour le public, des fournisseurs présents en Europe existent et l’écosystème français reste attentif aux cas d’usage culturels.Secutix, par exemple, a vu sa solution de billetterie mobile basée sur la blockchain déployée lors de trois des quatre plus grands événements sportifs de 2023. Pour les salles de cinéma, la transposition permettrait de limiter les revendeurs illégaux, de personnaliser les offres et de ludifier la fidélité.