






Le film espagnol d’horreur psychologique Les Lamentations (El Llanto) est, en surface, un récit trompeusement simple : des générations de femmes hantées par la même entité malveillante déterminée à les enlever. Mais ce postulat trompeusement dénudé n’est que la partie émergée de l’iceberg. La véritable force du film réside dans son dénouement méticuleux du mystère, et dans les actrices dont les performances insufflent vie, effroi et humanité à chaque scène.
L’histoire suit Andrea (Exposito), une jeune femme farouchement curieuse entraînée dans la toile de terreur, Marie (Oliver), dont l’insaisissabilité et la terreur silencieuse laissent entrevoir des secrets enfouis, et Camilla (Malena Villa), une réalisatrice voyeuriste documentant les horreurs inexplicables qui traversent leurs vies. Andrea existe dans l’année en cours, tandis que les histoires de Camilla et Marie remontent à la fin des années 90.
Nous commençons avec Andrea, dont les amis, les études et la relation passionnée avec son petit ami occupent la majeure partie de son attention. Mais quand elle continue de voir le même homme plus âgé et troublant apparaître sur ses photos et vidéos, elle devient obsédée par l’idée de découvrir ses origines. Et elle n’aimera peut-être pas où cela mène. Au milieu du film, on passe à Camilla, une étudiante en cinéma qui tente d’impressionner son professeur en lui proposant un court-métrage qui défie ses attentes ; un film qui suit de manière voyeuriste une jeune femme nommée Marie, dont elle devient obsédée. Alors qu’elle réfléchit à l’éthique de l’observation versus l’intervention, elle remarque aussi que Marie pourrait être hantée par une présence que l’on ne voit qu’à travers l’objectif de son appareil photo.
Après s’être liée d’amitié avec Marie, Marie commence à lutter contre l’incrédulité et finalement la peur que Camilla ait raison. Tous les chemins des femmes convergent dans des rencontres glaçantes, parfois surréalistes, qui brouillent réalité et cauchemar, révélant des échos de traumatismes générationnels et de peur partagée. Le parcours de chaque personnage est à la fois intensément personnel et universellement troublant, le film tissant une tapisserie de suspense, de curiosité et d’angoisse.

Le succès de Les Lamentations réside dans son orchestration soignée et son engagement indéfectible envers la tension psychologique. Le metteur en scène Pedro Martin-Calero place les femmes au centre de la scène, laissant sa caméra s’attarder sur leur confusion, leur passion et leur terreur grandissante. Les moments troublants sont soigneusement utilisés, n’apparaissant que lorsque c’est absolument nécessaire, rendant chaque frayeur avec une précision chirurgicale. Exposito, Oliver et Villa livrent des performances aussi distinctes que hantées, incarnant l’imprudence, la curiosité et la résistance au préternaturel d’une manière qui semble réelle et intime.
Les scénaristes Isabel Peña et Martin-Calero livrent une horreur réfléchie, une combustion lente qui vous emprisonne dans son emprise. Le film ne vous donne jamais toutes les réponses, mais il en fournit suffisamment pour vous maintenir en haleine, tournant anxieusement les pages de l’histoire dans votre esprit. C’est une méditation sur la peur partagée, familiale ou autre, et sur la façon dont le traumatisme réverbère à travers les générations. Les Lamentations Reste dans votre psyché bien après que l’écran s’est éteint, une exploration magistrale de la terreur, aussi cérébrale que viscérale.
