






Alors que Dylan O’Brien a joué dans de nombreux films depuis sa percée dans la série MTV Loup adolescent et a toujours été formidable, sa performance dans le Sans jumeaux devrait enfin le mettre sur la carte comme l’un des grands espoirs en devenir.
Sweeney écrit, réalise et partage la vedette de cette comédie dramatique obsédante sur Roman (O’Brien), un jeune homme ébranlé par la perte de son frère jumeau Rocky dans un accident de voiture. Sur les conseils de sa mère en deuil, Lisa (Lauren Graham), Roman rejoint un groupe de soutien pour les jumeaux qui ont perdu leur moitié. Là, il rencontre Dennis (Sweeney), qui le contacte après la réunion. Les deux forment une amitié rapide, surtout lorsque Roman découvre que Dennis est gay, un lien qui lui rappelle son défunt frère Rocky. Mais alors que le couple navigue dans le chagrin écrasant d’être coupé en deux, un secret plus profond et plus compliqué commence à faire surface.
Sans jumeaux n’est pas un film plein de rebondissements choquants, mais il vaut mieux ne pas en révéler plus que cela. Ce que l’on peut dire, c’est que le scénario de Sweeney est une exploration perspicace et profonde de la gémellité, du chagrin, de la culpabilité et du regret. Sa mise en scène est soigneusement conçue et parfois discrètement intelligente, jamais tape-à-l’œil, mais nous offrant toujours un aperçu subtil de l’histoire et de ses personnages. Son interprétation de Dennis est particulièrement délicate : sa sympathie est discutable à mesure que son attachement à Roman s’approfondit, mais il reste convaincant tout au long du film. Plus d’une fois, je me suis retrouvé à crier à l’écran, espérant que Dennis ferait de meilleurs choix.
La distribution de soutien ajoute de la texture. Graham, comme toujours, est lumineux ; Elle n’a pas beaucoup de scènes, mais elle les fait compter. Aisling Franciosi joue le rôle d’une collègue de Dennis qui a une relation amoureuse avec Roman, créant des frictions naturelles entre les deux pairs. Franciosi apporte une subtile résilience au rôle, sa nature perpétuellement optimiste masquant la profondeur qu’elle porte tranquillement.

Mais le cœur de Sans jumeaux appartient à O’Brien. Dans le rôle de Roman, il livre un portrait nuancé d’un homme à la voix douce hanté par un chagrin insupportable. Les hésitations marmonnantes de Roman, ses aveux silencieux et ses explosions de colère (qu’il regrette souvent) sont authentiques et déchirantes. Une scène de chambre d’hôtel dans laquelle Dennis joue le rôle de Rocky pour que Roman puisse dire les mots qu’il n’a jamais eu l’occasion de dire est, tout simplement, digne d’un Oscar.
En plus de cela, O’Brien joue également Rocky, son défunt jumeau. Rocky est tout ce que Roman n’est pas : confiant, libre d’esprit, magnétique. Le tour d’O’Brien dans le rôle de Rocky est vibrant, charmant et rafraîchissant sans caricature. Il rappelle la flamboyance de Robin Williams dans La cage à oiseaux mais avec une précision ancrée qui rend Rocky inoubliable. Voir O’Brien passer si facilement du Romain sobre à l’effervescent Rocky est une révélation.

Sans jumeaux est convaincant du début à la fin, et ce qui le rend si captivant, c’est son authenticité. Même lorsque les personnages nous frustrent, ils semblent réels. Le deuil rend les gens désordonnés, compliqués et parfois antipathiques. Cette vérité nous permet de rester investis.
Reste à savoir si le film attirera ou non l’attention des Oscars, mais j’espère sincèrement que le nom d’O’Brien sera évoqué dans cette conversation. Sa double performance est remarquable – facilement l’une des meilleures de sa carrière, et qui prouve qu’il n’est pas seulement bon, mais extraordinaire.
