






Monté la colline est une histoire de fantômes élégiaque et profondément atmosphérique qui vous colle à la peau et s’accroche comme un étau. Moins un film d’horreur qu’une étude psychologique de caractère, le réalisateur Samuel Van Grinsven (Paillette dans une chambre bleue) et le co-scénariste Jory Anast (Meilleur homme) ont conçu un conte à combustion lente qui fascine par sa vanité surnaturelle et persiste par sa profondeur émotionnelle. C’est l’histoire de Jack (Dacre Montgomery), un jeune homme séparé de sa mère biologique qui se rend dans la lointaine Nouvelle-Zélande pour assister à ses funérailles, pour découvrir qu’elle n’est peut-être pas aussi partie qu’elle en a l’air. Là, il rencontre sa veuve, Jill (Vicky Krieps), une femme aux prises avec son propre chagrin complexe et son sens de soi qui s’estompe. Alors que les deux naviguent dans leur lien commun avec la défunte, ils deviennent également victimes de sa présence dans l’au-delà.
Alors que Vicky Krieps a déjà ébloui le public en Fil fantôme et Corsage, elle se lance ici dans une sorte de double performance, jouant une femme qui s’effiloche lentement tout en canalisant parfois l’esprit de sa défunte épouse. Elle donne à chaque présence des motifs vocaux, des gestes et une vie intérieure distincts. C’est tout simplement fascinant.
La véritable révélation, cependant, est Dacre Montgomery, surtout connu pour son rôle volatile de Billy dans la série Choses étranges. Dans Monté la colline, il se débarrasse de toute cette bravade, livrant une performance calme, profondément ressentie et discrètement dévastatrice. Son Jack est un jeune homme hanté non seulement par le fantôme de sa mère, mais aussi par une enfance façonnée par l’abandon et les questions sans réponse. La subtilité avec laquelle Montgomery révèle le trouble intérieur de Jack est frappante.
Sarah Peirse donne également un rôle charmant et discret dans le rôle de la tante de Jack, qui détient la clé de plusieurs secrets de famille enfouis depuis longtemps. Sa présence fournit un ancrage émotionnel ancré au milieu des éléments les plus éthérés du film.
Alors que de nombreuses histoires de fantômes modernes utilisent le surnaturel comme métaphore du deuil (une tendance qui vieillit un peu), Monté la colline explore quelque chose de plus insaisissable : l’art de lâcher prise. Lâcher prise des mythes familiaux, des personnes que nous aimions autrefois et de la nécessité de réponses claires. C’est aussi un examen douloureux du traumatisme. Jack doit faire face à la blessure du rejet maternel. Jill est en deuil d’un mariage qui n’a peut-être pas été aussi idéal que la mémoire le veut.

Ce qui rend le film si intrigant, c’est le fait que la femme décédée de Jill – et la mère de Jack – peuvent brièvement habiter chacun d’eux pendant qu’ils dorment, donnant à l’esprit l’accès à la fois à son amant et à son fils. Cette possession partagée devient un moteur puissant et dramatique, permettant aux blessures du passé de remonter à la surface et à des vérités longtemps refoulées d’émerger.
Techniquement, le film est extraordinaire. La partition évocatrice de Hanan Townshend marche sur une ligne délicate entre le chagrin et la sérénité, renforçant l’attraction émotionnelle du film sans l’écraser. La conception sonore de Jessica Meier est également un étourdissement sonore, permettant aux ruisseaux et aux gémissements d’une maison hantée non seulement d’indiquer quand la présence fantomatique est proche, mais aussi de nous immerger dans la solitude non seulement du lieu, mais aussi de la vie intérieure des personnages.
Pendant ce temps, la cinématographie de Tyson Perkins est tout simplement à couper le souffle. Son objectif capture l’isolement de ces personnages avec une beauté austère tout en offrant des aperçus du monde plus large au-delà de leur douleur ; Un monde qui semble lointain, presque inaccessible, mais toujours suffisamment présent pour leur rappeler que la guérison est possible. C’est visuellement clairsemé mais émotionnellement riche, désolé mais d’une certaine manière toujours plein de nostalgie.
Finalement Monté la colline n’est pas seulement une histoire de fantômes. C’est une méditation sur la mémoire, la culpabilité et la fragilité de la connexion humaine. C’est glaçant, oui, mais aussi contemplatif et étonnamment tendre. Les derniers instants n’offrent pas de résolution facile, mais ils persistent, résonnant dans l’esprit comme un rêve dont on ne peut pas tout à fait se défaire. Il peut chuchoter plutôt que crier, mais sa résonance émotionnelle est forte et claire.
