Critique de « A Private Life » : Jodie Foster brille dans un drame paranoïaque qui change les genres

Critique de « A Private Life » : Jodie Foster brille dans un drame paranoïaque qui change les genres

« Une vie privée » de Rebecca Zlotowski raconte l’histoire d’une conseillère enquêtant sur la mort mystérieuse d’un de ses patients. Foster incarne une femme qui se défait après la mort d’un client, obsédée par la question de savoir s’il s’agissait d’un suicide, d’un meurtre ou d’autre chose. Suite du très sous-estimé « Les Enfants des autres » de Zlotowski, le film poursuit son intérêt pour la vie intérieure, bien qu’ici le terrain émotionnel soit bien plus désordonné et moins durable. Sa spirale psychologique la fait se sentir déconnectée des personnes de sa vie, alors qu’elle repasse obsessionnellement les enregistrements du patient décédé. Beaucoup de paranoïa et un peu d’absurdité s’insinuent dans sa vie quotidienne. Elle contacte son ex-mari pour digérer ce qui s’est passé.

Jodie Foster contrôle chaque instant de son temps d’écran, faisant d’elle l’élément le plus fort du film, aussi français qu’un drame. Sa performance captivante et son véritable malaise sont renforcés par l’hostilité de la famille du patient, qui la tient responsable de sa mort, se manifestant par des regards accusateurs et une explosion lors de ses funérailles. Ce moment la fait se sentir isolée et constitue le cœur du déséquilibre émotionnel du film, la coupant de toute connexion significative. Même lorsque le film semble incertain sur ce qu’il veut être, Foster reste ancré dans son ton, et il vaut la peine d’être vu rien que pour elle.

Les changements de ton du film m’ont fasciné alors que j’essayais de suivre les évolutions entre les différents genres, y compris le thriller psychologique, le film noir et la comédie noire. Cette irrégularité m’a déconcerté, mais c’est aussi là que le film est le plus imprévisible. Un moment qui m’est resté en mémoire est lorsque le film reflète visuellement sa confusion à travers des séquences de rêve surréalistes répétées plusieurs fois et dans un orchestre, où Foster joue d’un instrument. Ce sont à la fois déconcertants et hypnotiques. Une touche de The Holidays dans le troisième acte ajoute une dissonance tonale supplémentaire, en s’opposant vivement à la froideur émotionnelle du film, aussi insupportable qu’un hiver glacial.

Au final, « A Private Life » reste inégal, oscillant entre les genres d’une manière qui peut frustrer les spectateurs cherchant à clarifier un roman policier, mais il présente honnêtement son protagoniste confus. Soutenu par la performance complexe de Foster et les changements de ton de Zlotowski, l’ambiance du film est un personnage à part entière, coincé dans un état non résolu, où la paranoïa et une touche d’humour noir le rendent légèrement décalé, intentionnellement ou non.

Une vie privée est actuellement disponible en édition limitée.