Critique SBIFF 2026 : « Steal Away » combine l’afrofuturisme avec l’innocence perdue

Critique SBIFF 2026 : « Steal Away » combine l’afrofuturisme avec l’innocence perdue

Compte tenu de l’état d’Hollywood en matière de films originaux en 2026, c’est un vrai plaisir de voir un film indépendant ambitieux d’un cinéaste expérimenté qui choisit clairement de prendre des coups audacieux sans se soucier de ce que cela pourrait signifier pour un système de studio piloté par des algorithmes. Voler rassemble une grande variété d’éléments qui me laissaient constamment incertain de la suite de la suite. S’appuyant sur l’afrofuturisme comme fondation, le film présente un récit double qui commence comme une histoire d’apprentissage et évolue vers un thriller. Le réalisme magique imprègne tout au long. Certaines de ces idées sont plus marquées que d’autres, et il est parfois exagéré d’évaluer à quel point le film transmet efficacement ses thèmes et points de référence plus profonds. Cependant, c’est un effort audacieux avec des visuels captivants et de solides performances de ses jeunes stars.

L’histoire se déroule dans une époque relativement moderne, dans un pays ambigu. Mallori Johnson il incarne Cécile, une réfugiée recueillie par une famille aisée, accompagnée de sa mère. La matriarche veuve, Florence (Lauren Lee Smith), se targue des efforts qu’elle fait pour accueillir des réfugiés issus de minorités et les aider, soit en leur permettant de travailler sur son grand domaine, soit, finalement, en les mettant sur la voie d’une nouvelle vie. Alors que nous suivons l’adaptation de Cécile à cette nouvelle vie, nous suivons aussi la fille de Florence, Fanny (Riz d’Angourie), qui s’intéresse immédiatement à la dernière arrivée, jeune. Au fil du film, tous deux vivent divers éveils ancrés dans la sexualité tout en faisant des découvertes difficiles sur l’environnement dans lequel ils vivent.

Directeur Clément Vierge (Frère) ne fournit que des indices concernant cette configuration. Très peu de choses sont explicitement dites pour établir pleinement la nature de ce lotissement, ses anciens résidents et d’autres facteurs, rendant le film moins opaque. Cela est en partie voulu, car le film présente quelques éléments mystérieux qui finissent par être révélés au public. Sinon, une grande partie Voler est présenté à travers des images qui déconcertent délibérément le public, un peu comme le font parfois nos personnages principaux. Ils ne peuvent réagir qu’avec des réactions émotionnelles à ce qu’ils voient, qu’ils comprennent pleinement ou non ce qui se passe.

Cette histoire est adaptée par Tamara Faith Berger (Femme de Vierge) d’un livre de non-fiction, Volez la maison à l’extérieur, par Karoyln Smardz Frost. Sans trop entrer dans ce que le film a finalement à dire, l’idée de construire tout un récit autour d’un livre de non-fiction mérite d’être envisagée lorsqu’on apprend la relation de ce film avec les récits d’esclaves, les spiritualités et d’autres aspects importants de l’histoire. Il y a aussi beaucoup de choses à exploiter, ce qui rend malheureusement le film un peu inégal à cause des révélations finales. Dans cet esprit, c’est la force des interprètes et l’effort pour construire un univers pleinement réalisé qui maintiennent Voler vivant.

Tourné en Belgique mais en ignorant volontairement toute référence à l’emplacement de ces personnages, j’ai été fasciné par l’esthétique de ce film. Probablement avec un budget limité, l’effort pour combiner costumes, coiffure et maquillage pour introduire des personnages d’origine africaine (à un moment donné, le Congo est mentionné) est déjà assez frappant. Ajoutez à cela une série de bâtiments et de véhicules colorés qui évoquent une sorte de nation européenne, et cela suffit à montrer une disparité entre ces nouveaux arrivants et l’environnement auquel ils doivent désormais faire partie.

Le manoir où se déroule une grande partie du film présente également une variété de pièces, suggérant une riche histoire. Est-ce une ancienne plantation ? Toutes les pièces ont-elles des portes secrètes ? Y a-t-il quelque chose de plus profond, selon l’étage où les gens logent ? Pourquoi la grand-mère muette vit-elle seule dans une maison voisine ? Il est aussi notable que le manoir est d’un blanc plus ancien, tandis que l’intérieur est rempli de couleurs, selon la pièce. Parallèlement, l’espace extérieur comprend un grand jardin constamment entretenu, mais la dégradation de certaines plantes devient un motif central.

À tout cela s’ajoute le travail remarquable de Rice et Johnson. En tant que fille blanche naïve qui trouve fascinants les nouveaux résidents de sa maison, il ne faut pas longtemps avant que l’on observe divers degrés d’appropriation en cours. Comprendre dans quoi cela repose est essentiel pour le film, et c’est un rôle difficile à cerner pour Rice sans devenir déraisonnable dans ses désirs. Pendant ce temps, Johnson doit s’appuyer sur la sienne l’innocence mise à l’épreuve en trouvant ce qu’elle croit être un premier amour, tout en affrontant ceux qui dirigent la maison où elle vit. Il devrait être difficile de croire que les deux finissent par former un lien fort, mais le parcours jusqu’à ce point aide vraiment à dynamiser les personnages.

Encore une fois, tandis que Voler j’ai été trop impressionné par la qualité de la production et par ce que ces interprètes ont apporté au film pour me laisser emporter par la question de savoir si le récit s’inscrit complètement. Au début du générique de fin, des images très spécifiques sont présentées, et je ne peux m’empêcher de me demander à quel point certains pourront facilement relier ce qui est exposé à ce qui vient d’être vu. Même les éléments surnaturels disséminés tout au long du film osent bouleverser l’équilibre, et pourtant j’ai toujours apprécié à quel point Virgo et son équipe étaient engagés dans la réalisation du film. Une approche radicale de l’histoire d’apprentissage, sans aucun doute, et je suis totalement pour plus de façons d’intégrer l’afrofuturisme à travers différents types de longs-métrages.

La 41e édition du Festival international du film de Santa Barbara aura lieu du 4 au 14 février 2026.