Otilia Portillo Padua Filles de la Forêt vous transporte dans un monde et un mode de vie différents, une perspective indigène unique rarement vue à l’écran, où la tradition ancienne, la lignée familiale et la science moderne coexistent dans une harmonie surprenante et magnifique. Lauréat du Prix du Public dans la catégorie VISIONS, il suit deux jeunes scientifiques autochtones dont le lien générationnel profond avec les champignons devient une lentille à couper le souffle à travers laquelle ils examinent leur identité, leur culture, la déforestation et la relation complexe entre une tradition ancienne et son lien avec la science moderne.
Le film suit avec un rythme trompeusement simple mais profond. Nous la regardons marcher dans les bois pour trouver un champignon, vérifier qu’il est correct et toujours vivant, puis, dans un geste frappant, il coupe à un moment métaphysique sous terre avant qu’elle n’analyse la taxonomie du champignon en laboratoire. La vie rurale, nourrir les animaux et vivre simplement sur la terre rencontrent la technologie moderne sur son ordinateur. Les effets impressionnants, comme l’œil du microscope regardant l’échantillon associé à un autre angle, vont de pair pour produire certaines des transitions photographiques et créatives les plus saisissantes que vous verrez dans un documentaire cette année.
Le film ne recule pas non plus devant le danger réel. Il vaut toujours mieux manger ce que l’on connaît ; Avec certaines espèces, un petit morceau suffit à tuer une personne. À travers 160 espèces, le film explore les champignons intéressants, leurs caractéristiques et la façon dont l’estomac y réagit. J’adore la scène pleine de curiosité et de joie sincère quand elle emmène les enfants dans les bois pour explorer et apprendre différentes espèces de champignons.
L’élément humain est tout aussi puissant. Son père réfléchit au passé de sa famille, soulignant que cette activité fait partie de leur lignée familiale et comment ils se connectent à leur culture et à leur nature. Il y a une belle scène où les femmes sont assises autour d’une table en train de discuter, portant une dévotion discrète envers les membres de sa famille décédés. Les éléments de science-fiction s’accordent bien avec la narration tout au long, et les moments expérimentaux et sombres intensifient vraiment les enjeux émotionnels d’une manière qu’on ne s’attend pas toujours à un documentaire sur la nature.

Filles de la Forêt porte également une conscience environnementale tranchante. Une visite des champignons à l’arrière d’un camion éduque les habitants et les visiteurs, tandis que le film affronte de front la déforestation de Languas de Sempoala par l’exploitation forestière illégale. Le contraste frappant entre les plans aériens des arbres passant à la dévastation déboisée est saisissant, un coup au ventre qui montre une réalité cruelle pour la région. Au fond, ce documentaire parle de personnes qui se reconnectent à la forêt et embrassent leurs valeurs et leur territoire.
Visuellement splendide et totalement originale, Filles de la Forêt c’est le genre de documentaire qui m’a marqué plusieurs jours après le générique. C’est un documentaire immersif et saisissant qui remet en question la façon dont nous percevons à la fois le monde humain et le monde naturel qui nous entoure, et comment ils sont connectés. On en paraît en se sentant transporté et reconnaissant d’avoir fait ce voyage.
Filles de la Forêt a été présenté en avant-première au SXSW Film Festival et cherche une distribution aux États-Unis.







