






Chaque fois que je vais à Sundance, je prépare toujours une liste de films que je veux voir, mais la plupart du temps, cette liste change une fois arrivé à Park City. En me promenant et en faisant la queue, j’ai tendance à écouter d’autres festivaliers ou à discuter avec des collègues de ce qu’ils sont le plus enthousiastes à voir ou des titres qui suscitent un certain enchaînement. Tandis que Joséphine était déjà sur mon radar, je dois admettre que ce n’était pas aussi haut dans ma liste de priorités qu’il aurait dû l’être. Cela dit, j’ai la chance d’avoir quelques personnes que je considère comme de vrais accros aux festivals, du genre à m’envoyer des textos en disant : « Scott, c’est un film que tu dois absolument voir. » Je ne finis pas toujours par adorer leurs recommandations, mais je prends toujours le temps de les voir. Cette année, l’une de ces personnes a insisté pour que je avait Voir Joséphine, et ils n’auraient pas pu avoir plus raison.
Ce sera difficile de le surpasser Joséphine comme le film de Sundance 2026. C’est un film qui restera en tête du spectateur bien après le générique, et qui est hanté d’une manière profondément personnelle et profondément troublante. L’histoire explore le pire cauchemar de chaque parent, rendant impossible de s’en débarrasser. Après la première mondiale du film, la scénariste-réalisatrice Beth de Araújo a partagé lors de la séance de questions-réponses que l’idée du film venait d’une situation qu’elle avait personnellement vécue. On sent cette vérité dans chaque cadre. Bien qu’il reste incertain si les événements décrits dans Joséphine En reflétant directement ce que de Araújo a vécu, il est indéniable qu’il s’agit d’une artiste utilisant le cinéma comme moyen de traiter et de partager de manière créative son traumatisme avec le monde.
Dans les dix premières minutes du film, le public est témoin de quelque chose qu’aucun enfant de huit ans ne devrait jamais avoir à voir. Alors qu’elle fait son exercice matinal avec son père, Damien (Channing Tatum), Josephine entend une jeune femme crier dans les bois. Il ne faut pas longtemps avant que la source de ces cris ne devienne claire, lorsqu’un homme apparaît et commence à étrangler la femme, la forçant à tomber au sol. Si être témoin de cette violence n’est pas déjà assez traumatisant, Joséphine reste cachée derrière un arbre, regardant impuissante la femme être agressée sans personne autour pour intervenir et aider. Cet événement horrible devient le cœur émotionnel du film, alors que de Araújo explore comment cet événement traumatisant a impacté et changé la vie de Joséphine et de sa famille.
La manière dont de Araújo choisit d’explorer les conséquences de cet événement tragique est ce qui rend le film si incroyablement efficace. Alors que Joséphine lutte pour assimiler ce qu’elle a vu, ses parents, Damien et Claire, essaient aussi de déterminer la meilleure façon de gérer la situation. Ils ont des perspectives très différentes sur la façon d’aider Joséphine à faire face et à avancer, ce qui conduit à plusieurs débats animés et disputes chargées d’émotions. Ces moments ne font que compliquer davantage les choses pour Joséphine, qui développe une peur nouvelle et tout à fait compréhensible des hommes.